Le mot du curé

01/07/18 - Le prophète Jean- Baptiste et le prêtre

P. Yves Guerpillon, curé de l'ensemble paroissial

Chers frères et sœurs

Le 24 juin, nous avons fêté la naissance du dernier des prophètes de l’Ancien Testament, Jean-Baptiste, le Précurseur. Le 23 juin, au cœur de la Fête diocésaine, nous avons eu la joie d’accueillir 6 nouveaux prêtres ordonnés par le cardinal Barbarin. La concomitance de ces événements n’est pas fortuite. Il y a un beau parallèle entre la figure du Précurseur et celle des prêtres de Jésus-Christ. La figure de Jean-Baptiste nous dit quelque chose du mystère du prêtre.

Tout d’abord, comme Jean (dont le nom signifie « Dieu fait grâce »), le prêtre reçoit un appel personnel, un appel unique et nominal. Derrière chaque prêtre il y a une histoire particulière, singulière, faite d’avancées et de recul à la suite du Christ. Cet appel peut surprendre voire déranger. Tout comme la famille de Jean Baptiste voulait qu’il suive les pas de la tradition familiale en s’appelant Zacharie, il peut y avoir dans la famille d’un prêtre des résistances :« personne dans notre famille n’est devenu prêtre ! » pourraient dire certains devant l’appel d’une vocation sacerdotale.

Un autre point commun est le fait que le prêtre comme Jean-Baptiste est un prophète de la miséricorde. Le précurseur est la « voix de celui qui crie dans le désert » (cela arrive parfois aux prêtres, mais pas dans notre paroisse !). Comme Jean-Baptiste, le prêtre est témoin de la grandeur de la miséricorde de Dieu. Jean-Baptiste a préparé le chemin du Christ ; le prêtre doit passer son temps à annoncer la présence consolante de Jésus pour tous, pas seulement les paroissiens mais tous les habitants du territoire dont il a la charge.

Enfin, le prêtre annonce et prépare la venue du Christ. Le précurseur appelait à la conversion du peuple d’Israël, « peuple à la nuque raide ». Le prêtre invite à temps et à contretemps à rencontrer Jésus dans les sacrements. Dans chaque sacrement Jésus vient nous rencontrer personnellement.

Merci de prier pour les prêtres, les nouveaux et les anciens (pensons au Père Michel qui fête ses 90 ans le 1er juillet), ceux de votre paroisse. Comme me disait Annie Moncorgé, lors de la retraite de 1ère communion à Ars, les enfants du Caté ont insisté pour marquer les noms des 3 prêtres de notre paroisse dans la chapelle où se trouve le cœur du Saint Curé. Belle initiative !

Bel été à tous ! Père Yves+

03/06/18 - Tous appelés à la sainteté "chacun sa route" !

P. Yves Guerpillon, curé de l'ensemble paroissial

Chers frères et sœurs,

La dernière exhortation apostolique du Pape François Gaudete et exsultate datée du 19 mars de cette année est un peu passée inaperçue. C’est bien dommage car elle est remarquable. Je vous encourage vivement à la lire et à la méditer. Elle nous invite à « faire résonner l’appel à la sainteté dans le contexte actuel ». Le Pape cite un passage du concile Vatican II : « tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur condition et leur état de vie, sont appelés par Dieu, chacun dans sa route, à une sainteté dont la perfection est celle même du Père »(1). François rappelle avec simplicité que nous sommes tous appelés à être des témoins du Christ, marchant ensemble à la suite de Jésus mais déterminés à suivre « la route unique et spécifique que le Seigneur veut pour nous ». Bref il n’y a pas une manière d’être saint mais autant de manières que de personnes ! Voilà une vraie bonne nouvelle : Jésus nous demande d’être pleinement nous-mêmes : devenir saint implique de laisser agir en nous l’Esprit-Saint pour « progresser vers ce projet unique et inimitable que Dieu a voulu pour {nous} de toute éternité » ! On pourrait dire qu’être saint c’est être soi. François, avec une grande simplicité, s’adresse à chacun d’entre nous avec ces mots: « n’aie pas peur de la sainteté. Elle ne t’enlèvera pas les forces, ni la vie, ni la joie. C’est tout le contraire car tu arriveras à être ce que le Père a pensé quand il t’a créé et tu seras fidèle à ton propre être ….la sainteté ne te rend pas moins humain, car c’est la rencontre de ta faiblesse avec la force de la grâce ». J’espère que ces brèves citations vous donneront le goût d’approfondir la lecture de cette lettre. Puisse ce texte encourager chacun de nous à déployer ses charismes propres pour servir le Christ d’une manière vraiment personnelle et fraternelle.

Je vous donne rendez-vous pour la fête paroissiale du dimanche 17 juin dans le parc de St Jacques pour prendre le temps de faire grandir la fraternité entre nous sous la conduite de l'Esprit-Saint. Cette année nous aurons la joie d’accueillir 4 nouveaux catéchumènes adultes et de fêter les 10 ans de sacerdoce du Père Jean-Christophe. Venez nombreux pour ce temps de joie fraternelle au sein de la grande famille paroissiale ! Père Yves+

29/04/18 - Avec Marie à Pellevoisin

P. Yves Guerpillon, curé de l'ensemble paroissial

Chers frères et sœurs,

Voici venue la joie du temps pascal ! Nous sommes dans l’action de grâces pour la victoire du Christ Ressuscité. Quelle cadeau de savoir que Jésus a remporté une victoire définitive sur toutes les forces de haine et de mort. Le Christ Ressuscité est vivant pour toujours !

Notre joie provient aussi du magnifique pèlerinage paroissial (du 11 au 15 avril) qui nous a permis de découvrir Pellevoisin où la Vierge Marie est invoquée comme « Notre Dame de Miséricorde ». Depuis que notre Ensemble paroissial est placé sous ce vocable, il est précieux de découvrir la grâce de ce lieu. A Pellevoisin, en 1876 , Marie est venu répondre au cri de détresse d’Estelle Faguette, une jeune femme pauvre et malade menacée de mort. En réponse à la lettre d’Estelle, la Vierge Marie lui a fait grâce de 15 apparitions. Le message de Marie reprend l’Évangile en insistant sur trois aspects : calme, courage et confiance.

Calme. Marie révèle à Estelle - et à chacun de nous – que nous avons besoin de paix et de patience. Le climat favorable à l’amitié et la rencontre avec Dieu n’est autre que d’avoir une attitude paisible. Marie dira à Estelle « je voudrais que tu sois encore plus calme ». Demandons nous comment mettre en pratique cette demande de la Vierge. La décision de prendre un temps de prière silencieux chaque jour - devant le saint Sacrement par exemple – peut certainement nous y aider.

Courage. Marie est venue visiter Estelle pour l‘encourager. Sa prière a obtenu la guérison physique d’Estelle, mais la Vierge ne lui a pas promis une vie exempte de souffrances ou de difficultés. Une vie unie à Jésus ne fait pas l’économie de la souffrance mais est assurée du réconfort de la présence invisible mais réelle de Marie « toute miséricordieuse ». Retenons cet encouragement de notre Mère.

Confiance. Une parole de Marie à Estelle doit nous encourager à une confiance sans limites : « Son Cœur (de Jésus) a tant d’amour pour le mien qu’il ne peut refuser mes demandes. Par moi, il touchera les cœurs les plus endurcis. » N’hésitons pas à confier nos intentions les plus lourdes à la Vierge Marie pour qu’elles les présentent à son Fils Jésus.

Calme, courage et confiance : voila qui pourrait être la devise de notre Ensemble paroissial Notre Dame de la Miséricorde.

Bon chemin vers Pentecôte ! Père Yves+

03/03/18 - Un cœur brûlant de gratitude

P. Yves Guerpillon, curé de l'ensemble paroissial

Chers frères et sœurs,

Pour le Carême de cette année, je vous ai proposé de nous centrer sur trois aspects clés de notre vision paroissiale : la famille, la consolation et l’accueil fraternel. La consolation et l’accueil fraternel sont liés à la mise en pratique de la gratitude. Il s’agit d’un cœur qui déborde d’action de grâce (eucharistie). Comme dit Philon d’Alexandrie (IIème s.), « Rendre grâce : employons nous à cela sans cesse et en tout lieu ». Remercier a des effets multiples : joie, paix intérieure, meilleure relation aux autres … et meilleur sommeil ! Pour consoler et accueillir les autres, il nous faut être remplis de la joie et de la paix de Dieu.

Il me semble que la gratitude est un antidote au refroidissement évoqué par le message de Carême du Pape François dont voici de larges extraits :

« Je souhaite inviter l’Église entière à vivre ce temps de grâce dans la joie et en vérité ; (…) « À cause de l’ampleur du mal, la charité de la plupart des hommes se refroidira » (Mt 24, 12). Jésus (…) annonce une grande tribulation et il décrit la situation dans laquelle la communauté des croyants pourrait se retrouver : face à des événements douloureux, certains faux prophètes tromperont beaucoup de personnes, presque au point d’éteindre dans les cœurs la charité qui est le centre de tout l’Évangile. (...) Ce qui éteint la charité, c’est avant tout l’avidité de l’argent, « la racine de tous les maux » (1Tm 6, 10) ; elle est suivie du refus de Dieu, et de trouver en lui notre consolation, préférant notre désolation au réconfort de sa Parole et de ses sacrements. Tout cela se transforme en violence à l’encontre de ceux qui sont considérés comme une menace à nos propres « certitudes » : l’enfant à naître, la personne âgée malade, l’hôte de passage, l’étranger, mais aussi le prochain qui ne correspond pas à nos attentes.(…) S’il nous semble parfois que la charité s’éteint dans de nombreux cœurs, cela ne peut arriver dans le cœur de Dieu ! Il nous offre toujours de nouvelles occasions pour que nous puissions recommencer à aimer.
Au cours de la nuit de Pâques, nous vivrons à nouveau le rite suggestif du cierge pascal : irradiant du « feu nouveau », la lumière chassera peu à peu les ténèbres et illuminera l’assemblée liturgique. « Que la lumière du Christ, ressuscitant dans la gloire, dissipe les ténèbres de notre cœur et de notre esprit »  afin que tous nous puissions revivre l’expérience des disciples d’Emmaüs : écouter la parole du Seigneur et nous nourrir du Pain eucharistique permettra à notre cœur de redevenir brûlant de foi, d’espérance et de charité ».

Je me permets d’ajouter de gratitude, de consolation et d’accueil fraternel !

Bon chemin vers Pâques !

Père Yves+